jeune médecin généraliste, ne te trompe pas dans ton choix d'exercice

jeune médecin généraliste

Tu es un(e) jeune généraliste remplaçant(e), ou un(e) futur(e) généraliste en fin d’internat. Ou bien tu occupes depuis peu un poste salarié. Ou encore tu as récemment vissé ta plaque. En tout cas, tu te poses des questions sur ton avenir. Comment être sûr de faire le bon choix pour ton mode d’exercice?

En réalité, les options qui s’offrent à toi pour exercer ne t’enthousiasment pas vraiment. Pourtant tu n’as pas l’impression d’avoir des exigences “d’enfant gâté”. Tu aimes ton métier, et demandes juste à pouvoir l’exercer dans des conditions équilibrées.

Si tu as choisi médecine, c’est sans doute que tu aimes les gens, les aider, les soigner. Ou peut-être est-ce la curiosité scientifique qui t’a amené jusqu’ici. Ou peut-être que dans ta famille on est médecin de génération en génération. Mais en tout cas il y a une chose dont tu es sûr(e): tu ne devrais pas avoir à sacrifier ta vie sur l’autel de ton métier, ou de ce que certains appellent “ta vocation”.

Tu as conscience que le système de santé français ne va pas très bien, que les besoins explosent, qu’on manque de médecins à beaucoup d’endroits. Tu entends parler à longueur de journée du déficit de la sécurité sociale, des déserts médicaux. Tu as un vague avis sur la question, et tu te doutes que d’une manière ou d’une autre tu as ton rôle à jouer, mais tu ne veux pas payer seul(e) pour les erreurs ou l’incompétence des autres. Surtout vu ce que gagne aujourd’hui un jeune médecin généraliste! Les anciens ont beau jeu de te faire la morale…

Il n’y a encore pas si longtemps, pour toi un généraliste c’était un médecin libéral dans un cabinet de ville. Être indépendant, avoir sa patientèle, ça a sûrement ses bons côtés, ça peut être gratifiant.

mais la vérité c'est que c'est angoissant

On t’en vante encore parfois les mérites, mais toi tu vois aussi tous les inconvénients. Être seul face à des cas cliniques difficiles, ne parler qu’à des patients toute la journée sans pouvoir décompresser, déjeuner tout seul, gérer plein de paperasse, la comptabilité, être taillable et corvéable à merci, faire 60h par semaine, craindre les agressions, ne pas être couvert en cas de problème de santé ou de congé de maternité… Le spectacle de tes confères installés, pour beaucoup épuisés et déprimés, n’est pas très encourageant.

d'ailleurs qui s'installe encore seul ?

S’installer en cabinet de groupe peut résoudre le problème de la solitude. Mais comment trouver la bonne équipe? Ne risques-tu pas de te retrouver avec de simples colocataires qui partagent quelques charges avec toi, mais finalement ne pas être beaucoup plus avancé? Les horaires, la gestion de l’administratif… L’installation en groupe ne résout pas tout, parfois même c’est l’inverse. Être libéral dans un gros cabinet de groupe ou en maison de santé, cela peut vite vouloir dire devenir patron d’une PME, gérer du personnel, des prestataires, des projets informatiques, etc… et ça tu n’en as ni l’envie ni le savoir-faire !

du coup tu raisonnes par défaut

Le salariat semble avoir pas mal d’avantages: 35h, RTT, vacances, protection sociale, c’est tentant. Et avec un peu de chance on peut même avoir un salaire correct. Certes il ne s’agit pas toujours de postes passionnants. Médecine scolaire, médecine du travail, ce n’est pas forcément de ça dont tu rêvais, cela manque de diversité et de challenge! Et l’hôpital public, la sécu ou les dispensaires, on ne peut pas dire que ce soit des conditions de travail idylliques. Bref, le salariat n’est pas la panacée. Mais bon, on ne peut pas tout avoir, et tu préfères cela aux contraintes du libéral…

Ou peut-être que tu repousses la question du choix d’exercice en étant remplaçant. Le remplacement permet de tester différents cadres d’exercice, de gagner du temps, de repousser l’échéance. En attendant, c’est un moyen d’avoir une certaine flexibilité sur les horaires, d’avoir de la diversité dans son quotidien, de se reposer sur le remplacé pour la plupart des contraintes administratives. La femme de ménage, le secrétariat, la sécu, le matériel qui ne fonctionne pas: c’est le médecin remplacé qui s’en occupe! Et même parfois, si on se débrouille bien, on peut bien gagner sa vie. Il sera toujours temps de faire un choix plus tard.

Certes l’activité n’est pas très stable, tu n’as pas de protection sociale, et tu sais que tu ne pourras sans doute pas rester remplaçant indéfiniment, parce que c’est censé être temporaire. D’ailleurs tu entends régulièrement les menaces que fait planer l’Ordre sur la limitation des remplacements. Certes tu n’as pas toujours la même qualité et continuité de relation avec les patients que si c’était ton cabinet. Et puis tu subis parfois les habitudes de travail du remplacé: “ah mais le docteur Machin, lui il me prend entre 2 rendez-vous, et il me prescrit toujours des antibiotiques”. Tu n’es jamais chez toi, tu cours d’un cabinet à l’autre, tu dois t’adapter à une organisation à chaque fois différente, mais cela reste sans doute la meilleure solution provisoire possible.

de toute manière, on ne peut pas tout avoir, n'est-ce pas ?
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